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L'Observatoire n° 16
Urgence sociale 24h/24

L'urgence sociale est devenue un maillon indispensable qui tout à la fois complète et remet en cause les structures existantes. Ce dossier comprend deux parties: la première est extraite d'une étude qui a été réalisée par le Professeur Anciaux et son équipe (CRITIAS ULB) à la demande de la Région wallonne; la seconde présente quelques solutions d'hébergement en urgence.

SOMMAIRE DU Dossier

Editorial

Définir les compétences des Provinces pour les politiques sociales et de santé
(X. Hoornaert)

Partie I

L'urgence sociale, nouveau paradigme de l'action sociale

Similitude entre urgence sociale et urgence médicale
L'urgence sociale, ses spécificités et ses limites

Les dispositifs d'urgence sociale en Wallonie

Verviers - Liège - Charleroi - Namur - La Louvière - Mons

Partenariats développés avec les centres d'urgence sociale
Bilan global des activités

Nombre d'interventions et de personnes aidées
Horaire des appels
Caractéristiques des personnes aidées
Nature des demandes

Autres dispositifs d'urgence sociale en dehors de la Wallonie
En région bruxelloise
En France
Aux Pays-Bas


En guise de conclusions


Partie II

Le logement d'urgence comme fil conducteur
L'hébergement d'urgence
D'autres opérations soutenues par la Région wallonne
Bibliographie

Editorial

Depuis 1994, suite au transfert des compétences sociales de la Communauté française, la Région wallonne soutient les initiatives particulières en matière d'urgence sociale menées par les centres publics d'aide sociale de Charleroi, Liège, Verviers, La Louvière, Mons et par la Ville de Namur qui agit en collaboration avec son centre public d'aide sociale.
Ces initiatives ont pour objectif de permettre à toute personne qui se trouve en situation de détresse sociale d'obtenir une aide rapide, sur place si nécessaire, quel que soit le moment de la journée ou de la nuit.
A cet effet, des permanences 24h/24 sont assurées au sein de chaque organisme (depuis le 1er janvier 1986 en ce qui concerne Charleroi) par des travailleurs sociaux ayant l'expérience des difficultés de terrain et connaissant bien la dynamique des problèmes sociaux. En cas de situation de détresse, les personnes assurant la garde peuvent être contactées sur simple appel téléphonique ou en se présentant auprès des permanences prévues à cet effet.
Afin d'informer au mieux chacun de l'existence de ces dispositifs d'urgence sociale 24h/24, des campagnes d'information ont été organisées, notamment par voie d'affichage dans les lieux publics, par l'utilisation de différents moyens de diffusion médiatique (conférences de presse, messages radiodiffusés ...), par l'information des autres services publics ou privés ainsi que des réseaux associatifs locaux ou encore par le contact direct avec les populations les moins favorisées de chacune des régions concernées.
Les aides apportées varient en fonction des situations et des moyens de chacun. Les problèmes les plus souvent rencontrés ont trait au besoin en matière de logement, aux situations de détresse accidentelle (rupture familiale, perte d'emploi, expulsion, ...) ainsi qu'aux états de crise liés à l'endettement et à la précarité financière en cas d'imprévu. Toutefois, ici aussi certaines problématiques semblent resurgir avec une plus grande fréquence dans certaines régions; c'est le cas notamment à Liège en matière de toxicomanie, ainsi qu'à Namur en ce qui concerne "la détresse humaine".
En tout état de cause, le dispositif d'urgence sociale marque son utilité par sa capacité d'être à l'écoute des personnes en difficulté, de les orienter vers un service spécialisé - en fonction de l'aide à apporter - d'organiser de manière ponctuelle l'aide psychologique et matérielle, notamment pour ce qui concerne cette dernière, en matière d'hébergement, de nourriture, de chauffage …; bref, d'apporter une réponse immédiate au problème et d'accompagner la personne en difficulté dans sa recherche de solutions.
La première partie de ce dossier est extraite d'une étude qui a été réalisée, à la demande de la Région wallonne, par le professeur Alain Anciaux et son équipe travaillant au CRITIAS à l'ULB. On y analyse notamment les pratiques développées en région wallonne à la lumière des expériences développées dans d'autres régions ou pays limitrophes. La seconde complète la première et aborde la problématique de l'hébergement d'urgence. Elle est en partie extraite du compte-rendu des séances-débats qui ont été organisées sur le thème de l'urgence du logement par le Service d'Études et de Documentation sociales de la Province de Namur dans le cadre des "Rencontres de Vendredi".
Ce dossier veut faire le point sur la question de l'urgence. Le souci premier, qui en est le fil conducteur, est celui de ne pas faire de l'urgence sociale le parent pauvre de l'action sociale mais au contraire, de faire la part des choses, en considérant les énormes difficultés matérielles et psychologiques rencontrées quotidiennement, jour et nuit, chez les personnes aidées, au moment où l'urgence éclate et a besoin d'une réponse rapide, la plus appropriée. Le second aspect, tout aussi important est de faire face au syndrome de "l'homme invisible", ces gens que l'on ne voit pas, que l'on ne regarde pas.

Michel Villan.
Directeur à la Direction générale de l'Action sociale et de la Santé.

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