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L'Observatoire n° 18
Victimisation, parentalité, toxicomanie, incarcération
Ou comment améliorer, stabiliser les relations entre enfant(s) et parent(s) dès lors que ceux-ci connaissent une situation marginale ? Parent(s) toxico(s). Comment les responsabiliser, les aider ? Comment allier droit et protection ? Parent(s) en prison. Combien d'enfants sont concernés ? Quels en sont les impacts ? Comment améliorer les contacts, la qualité et la fréquence des visites ?
Sommaire
Editorial
Le contrôle social est-il soluble dans le traitement des toxicomanes? (Dr. E. Picard)
Le réseau international "Parentalité et usage de drogue"
Accompagnement de parents toxicomanes en région liégeoise (M. Crollard)
Victimisation - bénéfices secondaires, abus de l'intervention psycho-médico-sociale (Pr. Ch. Mormont)
Rupture de transmission et transmission de ruptures
(A. Adhami)
Parentalité et incarcération
(C. L.)
Les enfants face à la détention d'un parent (Dr M.-H. Sauveur)
Recréer la relation enfant-papa: une action concrète à la prison de Huy (M. Hans)
Editorial
Le dossier que nous vous proposons en lecture dans ce numéro reprend l'essentiel des interventions qui ont été données à l'occasion de la journée d'études organisée le 10 février 1998 sur le thème "Victimisation et responsabilisation" par le Groupe liégeois de Coordination et de Valorisation du Réseau médico-psycho-social.
Le fil conducteur de cette journée était une volonté de réflexion à partir de constatations concernant la clinique et le fonctionnement de notre société. Cette réflexion doit notamment s'appliquer à une analyse critique de nos pratiques d'intervenants médico-psycho-sociaux à l'intérieur de nos institutions soignantes mais aussi et surtout de nos tentatives de coordination entre elles. C'est un des buts essentiels des pratiques de réseaux et donc de notre réseau liégeois.
Nous avons de multiples raisons en tant que travailleurs de terrain de nous sentir accablés par le destin: insuffisance de temps, de moyens, difficultés d'évaluer l'impact de nos interventions, inadéquation de certaines modalités actuelles d'évaluation, impact croissant des aspects socio-économiques dans les limitations d'accès aux soins, etc. Le Larousse définit notamment la victime comme "une créature vivante offerte en sacrifice à une divinité". A quelles divinités sont sacrifiés les acteurs de santé mentale? On pense d'abord au dieu argent, au dieu rendement, mais ne nous sacrifions-nous pas parfois à la déesse bonté, disponibilité, au dieu amour? Le poète français René Char écrivait dans ses "Feuillets d'hypnose": Il ne faudrait pas aimer les hommes pour leur être d'un réel secours.
Les interventions de la journée étaient centrées sur les enfants, pour eux-mêmes ou à travers leurs relations avec leurs parents. Avec les toxicomanies parentales (ou dépendances, assuétudes, adductions suivant les courants de pensée), nous sommes en plein dans la clinique de notre société avec ses intrications médico-juridico-politiques, avec les difficultés des différentes institutions à situer leur place, avec la nécessité permanente de ne pas céder au sentiment d'impuissance ... ou de toute puissance. Eric Picard5 et Magali Crollard2 posent notamment les questions suivantes "Comment les toxicomanes assument-ils leur rôle parental? Comment les responsabiliser? Quelle est la place des thérapeutes?"
Avec un exposé de Christian Mormont4 sur les abus potentiels ou avérés de nos interventions psycho-médico-sociales, nous sommes dans cette réflexion critique de nos pratiques, visant à les intégrer dans une compréhension socio-politique plus globale et surtout à les rendre moins confuses et plus pertinentes.
Aboude Adhami1 nous interpelle sur ce passage-charnière qu'est l'adolescence. Est-elle synonyme de rupture de transmissions ou de transmission de ruptures? Avec des mots qui renvoient inévitablement à des images fortes, M.-H. Sauveur6 et Maggy Hans3 nous font pénétrer dans un univers difficile, la prison, où l'on tente pourtant de tisser ou retisser les relations essentielles qui unissent enfants et parents.
L'information, le partage et la discussion entre travailleurs de secteurs ou d'institutions différentes pourront-ils nous rendre moins victimes et plus responsables? C'est l'espoir qui nous a animé en organisant cette journée. Dr Philippe Renard.
Chef de Service-Adjoint CHR Citadelle.
1. Aboude Adhami. Psychologue. Responsable du Département adolescents (UCL Professeur Ph. Van Meerbeeck).
2. Magali Crollard. Licenciée en psychologie. Assistante du Professeur Christian Mormont (Ulg). Expérience dans un Service d'Aide aux Victimes.Travaille au Centre Alpha (Liège) depuis 1994 à l'accompagnement de parents d'usagers de drogue.
3. Maggy Hans . Directrice de la crèche "Petit à petit" du Centre Hospitalier Hutois.(CHH).
4. Christian Mormont. Docteur en psychologie clinique. Professeur en psychologie (Ulg et Université de Lille en matière d'expertises). Membre actif de l'Association Européenne du Rorschach. Auteur de différents articles sur le test de Rorschach, sur la structure perverse, sur les traitements des pédophiles etc.
5. Eric Picard. Pédopsychiatre. Médecin - Directeur du Centre MIDRASH. Président du réseau international: Parentalité et usage de drogues. Actif au niveau de: "Initiative Déontologie Médicale".
6. Marie-Hélène Sauveur. Pédiatre. Conseillère médicale ONE depuis 1988. Active dans la problématique des enfants de détenus depuis 1992.
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