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L'Observatoire n° 20
Illettrisme - Analphabétisme

En Belgique, pas moins de 400.000 francophones sont concernés. Enquêtes quantitatives, qualitatives, témoignages, expériences, réflexions à propos des méthodologies, pédagogies et responsabilités... De nombreux acteurs ont apporté leur contribution et leur sensibilité à la construction de ce dossier coordonné par Didier Caille, Directeur du réseau Lire & Ecrire Wallonie.

Sommaire

Editorial

Cadre structurel, statistique, émotionnel...

  • En guise d'intro: un témoignage (D. Montarena)
  • Le réseau Lire et Ecrire (D. Caille)
  • Les indicateurs de l'illettrisme (S. Nossent)
  • L'alpha en quelques chiffres (C. Bastijns)
  • Au dela des chiffres : les enjeux de l'alpha (A-M. Andrusyszyn)

De l'alphabétisation à l'intégration (expériences, témoignages)

  • Les mots pour le dire (M. Tassin)
  • Autour d'un livre de cuisine (S. Destaerke, L. Durdu, N. Donnet)
  • Femmes en scène, citoyennes en devenir (F. Ledoyen, M.-J. Buname, D. Glautier Hadjeb, P. Nematkhah
  • Initiation linguistique pour immigrés (A. Pollain-Widar)
  • S'intégrer pour intégrer (P. Lattuca)
  • Alphabétisation en prison (M.-N. Van Beesen)
  • A la Poste, la vie se lit et s'écrit (P. Ralet)

Apprendre à apprendre (Pédagogies et pistes de réflexion)

  • Une pédagogie de la société des exclus (F. Houtart)
  • Questionnements sur une pratique de la liberté (O. Arrijs)
  • La construction des savoirs (F. Tilman)
  • L'école productrice d'illettrisme? (Ch. Pepinster)
  • L'atelier d'écriture: un autre usage de la langue, un autre rapport au savoir (O. et M. Neumayer)
  • Ecrire au travail (S. Vanhulle)

Perspectives et conclusions

  • On n'a pas retrouvé la boîte noire (P. Michel)

Adresses utiles

 

Editorial

En Wallonie, 300.000 adultes au moins ne maîtrisent pas ou insuffisamment l'écrit. Illettrisme, analphabétisme (fonctionnel, linguistique, de retour, ...), des vocables différents pour définir ce fait de société aux multiples facettes. En effet, faut-il le définir en rapport à la maîtrise de l'écrit? à l'insuffisance de la scolarité? à l'intégration linguistique? à l'insertion économique ou professionnelle? à la participation sociale? au vécu subjectif de la personne? au regard du lettré sur l'illettré?
Une étude commandée par le Ministre wallon de l'Emploi et de la Formation, et réalisée par Lire et Ecrire, met en évidence l'ampleur de l'illettrisme en région wallonne et pointe, chiffres à l'appui, les lieux de production de celui-ci. Une synthèse est présentée dans l'article de Sandrine Nossent.
Dans un pays où la scolarité est obligatoire jusqu'à 18 ans, la question qui se pose est celle de la responsabilité de l'enseignement. Question qui sera abordée notamment à travers l'article "Ecole productrice d'illettrisme".
Nous irons aussi voir du côté du "référent" en matière de lutte contre l'analphabétisme: Paolo Freire, pédagogue brésilien de la société des exclus.
Ce dossier proposera en outre différentes pistes de réflexions sur le savoir. Nous décrirons le travail des formateurs et donnerons quelques chiffres sur les actions mises en oeuvre. Nous envisagerons différentes méthodes et pédagogies qui fondent l'action de lutte contre l'analphabétisme. Enfin, nous donnerons la parole à des témoins privilégiés.
Ce dossier n'a pas la prétention de faire le tour de la problématique: il se veut outil de sensibilisation pour tous ceux, qui de près ou de loin, tendent d'apporter un soutien dans cette lutte contre l'exclusion sous toutes ses formes.
Dans une période de crise de l'emploi et de restructuration accélérée de l'économie, les employeurs n'ayant que l'embarras du choix, il est évident que ceux qui sont en froid avec le calcul, la lecture et l'écriture sont les premiers à être hors circuit et courent le risque de l'exclusion sociale. On parle beaucoup aujourd'hui de la réduction du temps de travail et de la redistribution de celui-ci. Or que dire de ce que représente cette augmentation du temps des loisirs, ou plutôt souvent de disponibilité forcée par ceux qui ne savent même pas lire un journal, consulter un horaire ou un programme, comprendre un mode d'emploi, qui ne peuvent pas suivre la scolarité de leurs enfants, ...
Y a-t-il une liberté d'expression pour quelqu'un qui ne sait ni lire ni écrire quand on sait que l'écriture structure la pensée et donc la parole? Peut-on accepter qu'une frange de plus en plus importante de la population ne puisse exercer pleinement sa citoyenneté? En cette année de commémoration de la Déclaration Universelle des droits de l'homme, il reste beaucoup à faire pour que le "droit à la formation" en tant qu'accès pour tous aux savoirs de base, devienne une réalité.


Didier Caille.
Responsable du Réseau "Lire & Ecrire".


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LE DOSSIER
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