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L'Observatoire n° 24
Détresse
sociale,une réalité plurielle! Inéluctable?
Faisant suite au
colloque "Détresse sociale", ce dossier présente la réflexion
menée plus en profondeur par chacune des Provinces partenaires. Le Brabant wallon s'interroge sur les symptômes et les causes
du mal-être des jeunes. Liège se demande comment aider la famille
dans sa mission de structuration et d'épanouissement des individus.
Le Hainaut pose la question du lien inévitable ente le social
et l'économique. Le Luxembourg sonde les univers professionnels,
générateurs de stress et de maladies psychiques. Namur propose
de passer en revue le nouveau décret portant sur les maisons
de repos, les centres d'accueil de jour et les résidences-services.
Sommaire
Editorial
Province
de Hainaut : Droits de l'homme, droits de l'économie
- Développement
économique et justice sociale, l'impossible réconciliation ?
- Insertion professionnelle au CPAS de Charleroi
- La MIREC, outil de développement pour l'intégration sociale et économique
- Un autre modèle socio-économique : l'économie sociale
Province
de Namur : Le décret sur les maisons de repos, les résidences services
et les centres d'accueil de jour pour les personnes âgées, dispositions
et conséquences - Le projet de vie
- Le
cadre légal
- Un projet à vivre
- Quelques questions utiles à l'élaboration d'un projet
- Synthèse d'un projet de vie
Province
de Brabant wallon : Adolescence en détresse : on en parle!
- L'adolescence
: quelle jeunesse !
- Une bouteille à la mer, signes extérieurs de détresse
- Lieux d'écoute et de dialogue
Province
de Luxembourg : La gestion du stress dans l'activité professionnelle
- Le
stress, un phénomène complexe
- Comment aborder le stress?
- Le service social de la Province
- Techniques de relaxation et vie professionnelle
- Atelier de gestion du stress
Province
de Liège : Détresse sociale et famille
- Le
fonctionnement familial à l'épreuve de la précarité
- Détresses familiales
- Les adolescents et leurs familles, du lien familial à la déliaison
sociale
- Les thérapies héroïques, le cadre thérapeutique à l'épreuve de la
réalité
- Rendre confiance aux familles, un défi pour les intervenants
Editorial
Les fondements-mêmes de notre société,
dont l'évolution est inexorable, sont soumis à de fortes tensions. Les conditions
d'existence, grâce aux apports diversifiés des technologies nouvelles, ne
cessent de s'améliorer et pourtant, les sentiments d'angoisse et de mal-être
ne font qu'augmenter...
Nous avons souhaité nous pencher sur les causes de ce phénomène que nous
dénommons "détresse sociale" et pour ce faire, sur les aspérités sur lesquelles
buttent ou auxquelles tentent de s'accrocher un certain nombre d'individus,
ainsi que sur les solutions qui sont dégagées par des spécialistes pour
leur permettre de réintégrer le giron social. En effet, la société dans
laquelle les individus évoluent n'est pas toujours celle dans laquelle ils
souhaitent vivre ou sont prêts à le faire. Les détresses se multiplient
et revêtent des formes nouvelles générées par les recompositions familiales,
parfois en cascade, et dans un enchevêtrement de significations individuelles
pas toujours bien comprises.
Sous la houlette du Comité Interprovincial des Affaires Sociales (CIAS),
cinq colloques se sont tenus dans les Provinces francophones (1). Ils ont permis de stigmatiser les différentes facettes de cette
détresse nourrie d'exclusions et d'appréhender quelques pistes de rémédiation.
La détresse sociale est une réalité plurielle qu'il nous a plu d'aborder
par l'entremise de tranches de vie. Les entités provinciales ont, en effet
pour vocation, d'être proches du citoyen et donc d'adapter leurs actions
aux besoins de la population. Chacune des Provinces a épinglé une détresse
en fonction de ce qui se dégageait des demandes d'intervention prioritaire
de la zone géographique dont elle s'occupe.
Nous avons débuté notre tour d'horizon, en plantant en quelque sorte le
décor, par l'analyse de la sociogénèse de l'exclusion sociale au travers
du système économique grâce à la contribution de la Province du Hainaut
Notre système de production de biens et de services se place dans une spirale
qui entraîne immanquablement l'exclusion de ceux qui ne sont pas appelés
à s'intégrer au système, donc à produire. Ils finissent par être rejetés
à la marge et mis au ban de la société, ils ne peuvent plus bénéficier des
richesses productives.
Le deuxième rendez-vous était dirigé par la Province de Namur où nous avons
consacré un espace à la retraite et, avec celle-ci, la pernicieuse
solitude morale qui succède inévitablement à l'isolement social. La vieillesse,
troisième ou quatrième âge, comme on se plaît à les appeler maintenant,
sont très fréquemment synonymes de ruptures sociales avec de terribles conséquences.
Ensuite, le thème de la jeune Province du Brabant wallon nous a permis d'aborder
le milieu scolaire, et d'essayer de mieux comprendre, comment l'école
et le système d'enseignement produisent, bien involontairement, des mécanismes
qui contribuent au malaise, en créant ou renforçant des situations d'exclusion.
La quatrième tranche de vie sur laquelle nous nous sommes penchés a été
celle réservée au travail, au contexte professionnel, et ce par le
choix opéré par la Province du Luxembourg. Sur ce thème également, il a
fallu avancer tout en nuances, avec un maximum de doigté et de discernement
pour éviter les amalgames. Stress, travail pathogène, ... Un emploi permet
de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille mais qu'en est-il quand
il n'est pas intéressant, épanouissant ou simplement porteur de sens?
C'est en Province de Liège que fut pris le dernier rendez-vous qui s'est
attaché à décrypter la notion de famille. Cette connaissance est très précieuse
dans notre approche. En effet, outre un lieu de développement personnel,
la famille est l'endroit de première socialisation. On parle de plus en
plus de l'éclatement familial, de la diversité de ses modèles ou de l'absence
qui en résulte.
Je pense que face aux détresses sociales, quelle que soit la spécificité
qu'elles revêtent nous nous devons de conserver notre optimisme. Toutes
les analyses nous le démontrent: rien n'est simple! On peut cependant trouver
des explications, et grâce à celles-ci dégager des solutions aiguillées
par une approche pluridisciplinaire indispensable.
Yolande DELEUZE.
Députée permanente.
Présidente du Comité Interprovincial des Affaires Sociales.
1. Ces journées d'étude donnent suite à la réflexion amorcée lors du
colloque "Détresse sociale" organisé par le CIAS en 1998 (voir L'Observatoire
n°19).
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