Extrait d'un article du dossier "Pratiques d'écoute" L'Observatoire n°50 Octobre 2006
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A l'écoute de la rue?
L'Observatoire a rencontré sur le thème de l'écoute, Sergio Carboni, le coordinateur de Carolo Rue et quatre des six éducateurs qui composent l'équipe: Giuseppina Cirami, Christophe Brismé, Sophie Allard, Emmanuel Rullo, Karl Dechainois, Sylvio Giacone
L’écoute en rue n’est pas la même que l’écoute dans nos bureaux, lors des permanences. Sur le terrain, il s’agit surtout de créer le contact, d’entendre l’urgence parfois ou la rumeur qui fait peur. Souvent, on propose à la personne d’aller boire un café, manière de créer un cadre un peu plus intime; dans la rue, on est souvent interrompu par des “parasites”, il y en a un qui passe «Salut, bonjour», un autre «Oh tiens justement je voulais te voir».
Cette mise en confiance absolument nécessaire est le fruit d’un travail quotidien mais aussi le fruit de plusieurs années de travail et de réflexion sur nos manières d’agir pour entrer en relation avec cette population un peu particulière. On n’entre pas en relation n’importe comment avec les gens de la rue. Ils n’ont souvent plus aucun contact avec les services sociaux traditionnels, ils sont sur le qui-vive, la défensive, ils sont facilement dans la dérision, le fatalisme, la fuite... Si on les prend de front, si on se fait trop intrusif, si on a une position équivoque, un peu fliquée, ils vont se fermer, la communication sera rompue et le tam-tam de la rue ne parviendra plus jusqu’à nous.
Mais l’écoute ne doit pas durer trop longtemps, 15-20 minutes suffisent. Si cela s’éternise, il y a risque que se crée une proximité dans laquelle l’éducateur se retrouverait captif. C’est important de montrer aux usagers qu’il y a des limites à respecter ou qu’ils en ont dit assez pour cette fois et que l’on va d’abord débrouiller tout cela avant d’aller plus loin..
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