Extrait d'un article du dossier "La place de l'homme " L'Observatoire n°53/2007
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Du linge à laver, des courses à penser, des plats à mitonner, des casseroles à récurer, des poussières à aspirer,des sols à laver, des gosses à pouponner, baigner, distraire, instruire, conduire, punir, des rendez-vous à prendre, des congés à organiser, des visites à la famille à planifier, ... et des hommes et des femmes extrait d'une interview avec Suzana Koelet, attachée au département TOR (Tempus Omnia Revelat) de la VUB - Vrije Universiteit Brussel
Pour certains auteurs, les femmes font davantage de travail domestique parce que, tout simplement, elles passent plus de temps que les hommes à la maison. L’étude TOR ne confirme cependant pas cette explication et montre plutôt que les hommes et les femmes n’occupent pas de la même façon leur temps libre: les hommes, s’il leur reste du temps en dehors du travail rémunéré, l’utiliseront d’abord pour les loisirs et ensuite pour le travail domestique; les femmes, à l’inverse, l’utiliseront d’abord pour le ménage ensuite pour les loisirs. Pareillement, si l’on observe les personnes sans emploi, on constate qu’une femme sans emploi consacre 40% du temps qu’elle consacrerait à un emploi temps plein rémunéré, aux tâches ménagères, tandis qu’un homme dans la même situation n’y consacre que 18% de son temps.
Mais on peut aussi se demander pourquoi les femmes sont davantage à la maison. Certains auteurs diront qu’ici aussi c’est pour une question d’efficience: les hommes étant généralement plus diplômés, ils occupent généralement un emploi plus rentable et plus exigeant en terme de disponibilité et il est donc normal que les femmes soient davantage présentes à la maison. Mais de nouveau, nos recherches ne peuvent confirmer complètement cette hypothèse. En effet, l’homme a un diplôme plus élevé que son épouse dans seulement trois familles sur dix; par contre, il semble être celui qui, dans 75% des situations, passe plus de temps au travail. Certains diront alors que les femmes consacrent moins de temps à leur carrière parce qu’elles ont des enfants que pour elles, les enfants sont prioritaires. Or, j’ai relevé que 62% des femmes qui ont un diplôme plus élevé que leurs partenaires consacrent moins de temps que ceux-ci à leur travail alors même qu’elles n’ont pas d’enfants. Il est vrai cependant que si des enfants naissent, elles ne seront plus que 14% à travailler plus que leurs maris.
L’arrivée d’enfants dans la famille est donc un élément explicatif du fait que les femmes consacrent moins de temps à leur travail mais il n’explique pas tout. A l’heure actuelle, le marché de l’emploi avantage toujours les hommes et pénalise toujours les femmes. Les femmes occupent plus souvent que les hommes des emplois à temps partiel, des emplois peu sûrs ou sans perspectives; elles sont aussi davantage employées dans des secteurs faibles et elles ont souvent des salaires moins élevés. Bref si les femmes sont plus disponibles que les hommes pour le travail domestique, cela relève finalement moins souvent d’un choix ou d’une question pratique que du fait que les hommes et les femmes ne sont pas traités de manière égale sur le marché du travail. Quand les femmes peuvent bénéficier d’un emploi plus favorable, elles réduisent d’ailleurs généralement le temps qu’elles consacrent aux tâches domestiques, ce qui d’ailleurs leur donne souvent la possibilité de saisir de nouvelles opportunités de carrière.
Cela étant, l’organisation structurelle et sexuée de notre société qui est notamment à l’oeuvre sur le marché du travail, ne suffit pas à expliquer les inégalités persistances entre les hommes et les femmes. Si ces différences subsistent, c’est parce qu’elles sont légitimées par les normes culturelles qui sont en vigueur.
Ainsi, beaucoup d'hommes et de femmes ne considèrent pas leur contribution au travail domestique comme injuste ou déséquilibrée (Arts, Hermkens 1994; Widmalm 1998, Baxter 2000). Nombre de femmes estiment même cette inégalité comme allant de soi, voire comme souhaitable car elle leur procure un sentiment de sécurité (Bell, Newby 1976). Ces ressentis trouvent leur origine dans le poids des habitudes sociales ou des normes culturelles qui régissent notre société et prescrivent aux femmes de trouver leur épanouissement personnel dans le soin aux autres, la famille, et aux hommes dans les réalisations extérieures. (Gerson 2002: 8).
Sans nier l’importance de ces prescrits implicites, notre analyse montre cependant des différences suivant l’âge des personnes interrogées.
Ainsi, les femmes de 55 ans et plus ...
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