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L'Observatoire n° 65
Santé & précarité

Ce dossier a été conçu en collaboration avec l'Observatoire wallon de la Santé et le Centre Local de Promotion de la santé de Liège. Il traite de l'incidence de la pauvreté sur la santé et propose des axes de travail possibles pour donner aux personnes précarisées un meilleur accès à la santé et une plus grande capacité à agir sur celle-ci et à prendre soin de soi.

Sommaire

Editorial

  • La santé: d’une conception à l’autre - Ch. Leva & V. Tellier
  • Comment agir sur les inégalités de santé -  Ch. Leva & T. Pereira
  • Le plan de cohésion sociale. Un pas vers un meilleur accès à la santé - C. Jansen
  • Accès aux soins de santé. Mauvaise santé  financière -  E. Deltenre & P. Kupers
  • De quelques moyens de lutter contre la pauvreté en matière de santé - I. Dechamps
  • Santé, précarité, communication: l’exemple des campagnes de promotion du dépistage du cancer du sein en Hainaut - P. Bizel, Cl. Renard & B. Lens
  • Exemple d’une dynamique participative de promotion de la santé - E. Malevé
  • Relais Santé: étape préliminaire pour «raccrocher» au circuit de soins - Interview de I. Kremers, I. Henry & G. Van Langenhove
  • Comment adapter les services aux besoins des personnes précarisées? - T. Kalisa, F. Canivez & M. De Jonghe
  • Le resto du Cœur de Liège et les soins de santé - M-H. Meurice
  • Milieu rural: l’aide familiale comme agent de santé - M-L. Dupont & Fr. Warrant
  • Santé, Précarité, Altérité - D. Mannaerts
  • Pollution intérieure et précarité: constats et initiatives - Fr. Jadoul
  • Habitat pollué: santé en danger - Interview. de C. Keimeul

Editorial

Une personne pauvre est moins attentive à son état de santé parce qu’elle doit faire face à d’autres problèmes qui accaparent son quotidien, parce qu’on ne lui a pas appris à décoder les symptômes que son corps lui manifeste, parce qu’elle a une image dégradée d’elle-même...

Une personne pauvre consulte moins souvent le médecin parce que cela représente une dépense importante, parce qu’elle croit ne pas être en ordre de mutuelle, parce que le regard appuyé, parfois jugeant, des blouses blanches, des autres patients dans la salle d’attente, la met mal à l’aise...

La pauvreté a une incidence évidente sur la santé, elle crée des différences, engendre des inégalités. Cette réalité n’est pas neuve mais sa reconnaissance est plus récente. Elle suppose une adhésion croissante à une vision de la santé - non plus strictement bio-médicale - mais positive, globale et dynamique. La santé n’est plus uniquement l’absence de maladies, elle est synonyme d’un bien-être général.

Travailler sur les inégalités de santé, c’est donc veiller à garantir un accès aux droits fondamentaux constitutifs du bien-être: le droit à des revenus décents, au logement, à l’éducation, à un environnement sain, à des soins médicaux de qualité, etc.  C’est inciter les professionnels de la santé, mais pas uniquement de la santé, à travailler dans le concret ce concept de bien-être, en créant des projets qui s’élaborent en réseau et incorporent la participation des personnes. C’est favoriser ainsi chez celles-ci une prise de conscience de l’enjeu santé, une envie de changer leurs habitudes, une aptitude à adopter des comportements de santé adéquats...  Il y a là, certes, une invitation alléchante, celle de reconsidérer la personne, de lui redistribuer de l’initiative, de lui redonner du pouvoir. Mais existe aussi le danger d’un glissement vers une responsabilisation individuelle accrue qui pousse à culpabiliser tous ceux qui dérogent à une série de comportements normés, étiquetés «comme bons pour la santé», ... au détriment peut-être d’une responsabilisation collective solidaire dans une société capable d’accepter la déviance, la faiblesse, la différence... Travailler sur les inégalités repose sur un partage équitable des responsabilités.

 

Colette Leclercq

 

 

 


LE DOSSIER
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Santé et précarité