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n°662010

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La prison comme réponse sociale ?

La prison vit tapie derrière ses murs, elle cache tant bien que mal ses dysfonctionnements qui témoignent d’un manque de sens criant... A quoi sert la prison ? Ce dossier se penche sur cette question du sens et sur les difficultés de ceux qui tentent d’y amener une réponse sociale, tournée vers la réinsertion.

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La prison vit tapie derrière ses murs, elle cache tant bien que mal ses dysfonctionnements quotidiens jusqu’à ce qu’un événement, un peu plus débordant que les autres, fasse la Une des journaux : évasion spectaculaire, incendie, rebellion, ras-le-bol, agression, grève, surpopulation, construction de nouvelles prisons…

Ces événements révèlent une société inquiète, pour reprendre les termes de Hans Boutellier, une société qui n’ose plus prendre le risque de prendre des risques et qui, sous les coups de boutoirs médiatiques déclenchés par quelques figures emblématiques d’une dangerosité perverse et crapuleuse, s’engouffre dans le culte de la tolérance zéro et l’inflation du sécuritaire. « Une société qui se respecte réussit à protéger ses citoyens contre l’humiliation, la misère, la dégradation et l’insécurité.

Toutefois, la sécurité est liée par définition à d’autres principes fondamentaux de l’Etat de droit démocratique : respect de la vie privée, justice et liberté. Le problème de la sécurité a tendance à éclipser d’autres fondements de l’ordre social. « La gouvernance de la sécurité » peut mener à « la gouvernance par la sécurité » (Hugues, 1998). La prédominance de la sécurité nous conduit immanquablement à nous demander dans quelle société nous voulons vivre ». [1]

C’est à cette invitation que, modestement, ce dossier voudrait contribuer. Composé de quatre grands chapitres, il donne la parole à des spécialistes issus du monde universitaire et du terrain qui, tour à tour, interrogent le sens de la prison et donnent à voir une réalité carcérale, souvent méconnue ou caricaturée, où le trop – la surpopulation – côtoie le moins – le manque de moyens attribués à l’aide et à la réinsertion -, sur fond de complexité institutionnelle.

Colette Leclercq


Note

[1] BOUTELLIER H., L’Utopie de la sécurité, Ambivalences contemporaines sur le crime et la peine, traduction de A. Concas et A. Wyvekens, Bruxelles : Larcier, 2008, (Crimen), 260 p.