Dans le secteur associatif et non marchand, la gestion du temps s’inscrit à travers des temporalités très différentes… Ce sont en réalité trois temps qui se mêlent et s’entrecroisent : le temps des institutions s’articule autour des missions sociales et des réponses offertes au public bénéficiaire ; vient ensuite un temps davantage « politique », lié aux pouvoirs subsidiants et aux contraintes administratives, et enfin, le temps des travailleurs qui ont leur propre agenda.
Le quotidien des associations et institutions est ainsi fait : il est marqué par l’interdépendance et conditionné par des rapports complexes… Tout un programme ! Les managers sont la pierre angulaire de la gestion des institutions et sont confrontés en permanence aux difficultés que représentent ces multiples contraintes.
Les pressions externes, qualifiées de « structurelles », proviennent des missions et des valeurs portées par l’institution. Celles-ci représentent le cheval de bataille, la raison d’être des structures, qui sont d’ailleurs bien souvent mandatées par les autorités pour ce faire.
Les subventions ainsi accordées à un Centre d’éducation permanente, par exemple, auront une contrepartie : un volume d’heures de formation à assurer, des analyses à publier ou des projets à mener… Ces obligations font partie des priorités. Et ce n’est pas toujours l’État qui demande des comptes : le Conseil d’administration et/ou l’Assemblée générale de l’institution mettent aussi la pression sur leurs responsables, afin de les rappeler à l’ordre, le cas échéant.
Les missions du secteur social ne s’arrêtent heureusement pas aux obligations administratives, elles sont bien plus vastes. Les institutions se fixent ainsi des priorités propres à leur champ d’action : l’association de diabétiques veillera à défendre les patients concernés sur tous les fronts, la fédération environnementale suivra avec intérêt tout ce qui touche à la nature…
Un des enjeux est donc la compréhension du rôle institutionnel des différents acteurs en présence : l’analyse des priorités sous-jacentes est un élément fondamental. C’est seulement après cette réflexion qu’un travail plus serein est envisageable…