Le système de protection sociale actuel fondé sur l’idéologie libérale tend à une réduction des prestations des services publics. L’individu émargeant à l’assistance sociale doit prouver sa bonne volonté à recouvrer son autonomie économique en participant activement à des programmes d’insertion.
Au vu de cette configuration idéologique, les intervenants sociaux sont convoqués, depuis le début des années nonante, à développer des modalités et des formes d’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle qui prennent appui à partir de différents supports, tels que les pratiques artistiques et culturelles, sportives, voire humanitaires pour soutenir les personnes en situation de souffrance en direction de l’emploi.
Certes, si ces stratégies adaptatives permettent à un certain nombre d’individus de regagner une autonomie économique, force est de constater que les exigences du monde du travail en empêchent l’accès à un certain nombre de jeunes adultes.
Cet article prend appui sur une recherche en cours portant sur la question de la construction identitaire des jeunes adultes émargeant à l’aide sociale et participant à des pratiques artistiques au sein d’un programme d’insertion professionnelle à Lausanne (Suisse).
Il évoquera d’abord les différents types de pratiques artistiques et leurs spécificités dans le champ de l’action sociale, ainsi que ses fonctions à partir de deux lectures sociologiques. Puis, il abordera la question des politiques d’activation et leurs effets sur les individus. On envisagera ensuite l’hypothèse que les arts de la scène peuvent devenir des instruments visant à la normalisation et à la correction des comportements de jeunes adultes afin de les adapter au monde du travail.
Enfin, nous livrerons quelques témoignages de participants du programme « Scenic Adventure » au sujet de leur expérience liée à la création artistique. Pour conclure, nous esquisserons les enjeux de la place de l’art dans le travail social.