Régulièrement, la presse fait état de la surpopulation carcérale et des mauvaises conditions de détention dans lesquelles des hommes vivent au quotidien, pendant plusieurs mois et années. Espace confiné, promiscuité, insalubrité, journées vides, manque d’activités, d’aide, de soins, de perspectives pour un dehors différent.
Cette situation suscite dans l’opinion publique le plus souvent de l’indifférence, rarement de la compassion ; parfois et ce n’est pas rare, elle est même jugée normale, voire « bien méritée » par ceux qui, de l’extérieur, se sentent rassurés par l’enfermement des autres. Comme si l’enfermement n’allait jamais prendre fin, comme si ces individus n’allaient pas un jour reprendre place parmi eux, une fois leur peine purgée, leur dette à la société payée.
En réponse à cette situation, les pouvoirs publics s’apprêtent à investir des centaines de millions d’euros pour construire de nouvelles mégaprisons, selon un modèle classique, figé, basé avant tout sur la sécurité et sans vision à plus long terme.
Or, l’impact négatif de ces établissements pénitentiaires de grande dimension a largement été démontré au travers de nombreuses études criminologiques menées en Belgique comme à l’étranger. Il serait donc temps de penser autrement la détention et d’en faire quelque chose de constructif et d’utile tant pour le détenu que pour la société, quelque chose qui veille à préserver le respect de soi et à restaurer le sentiment de responsabilité individuelle et sociale.