Dans les métiers de l’humain, les instructions ou encore les textes référentiels s’attachent à prévenir l’apparition d’émotions.
Ils se distinguent par des discours récurrents de protection tels que le fameux recul professionnel, la distance professionnelle, ou encore faire un effort sur soi-même pour parer à l’émotion.
L’émotion est pensée comme un mouvement subit qui nous transpose de l’intériorité à l’extériorité, de façon incontrôlée au risque de nous mettre « hors de nous-mêmes ». Passage vécu comme dangereux, comme particulièrement déstabilisant pour ceux qui ont pour mission, si ce n’est de contrôler, d’instaurer un cadre structurant, contenant et rassurant.
À cela s’ajoute le devoir de maintenir une posture professionnelle ancrée sur la capacité à être garant d’un cadre formel, porteur de normes sociales.
La dimension émotionnelle, toujours présente dans les métiers de l’humain, est pensée comme une expérience irrationnelle qui s’entrechoque à notre conception de la responsabilité. La crainte pour les équipes socioéducatives se mesure à un risque d’épanchement émotionnel collectif dont les conduites pourraient se déporter hors du sens commun, là où plus rien ne serait maîtrisable. Peu investie est la compétence du groupe par lui-même, à garder le cap ou à infléchir le mouvement laissant l’inattendu se déployer.