En Belgique, l’organisation de l’offre d’aide et de services aux personnes incarcérées a souffert des réformes de l’État successives qui ont progressivement éparpillé les compétences relatives à la gestion de la détention et celles relatives aux diverses matières qui peuvent être regroupées sous le vocable général d’aide psychosociale et d’éducation1 en prison : enseignement, formation, éducation permanente, culture, sport, développement personnel.
Cet état de choses se répercute sur le plan institutionnel, dans la difficulté de construire une politique cohérente impliquant les différents niveaux de pouvoir, mais aussi sur la qualité et la quantité des prestations qui peuvent être offertes sur le terrain.
Ce contexte rend particulièrement difficile l’élaboration d’un plan de détention orienté vers l’insertion ou la mise en place d’un parcours d’insertion, s’amorçant dès que possible durant la détention.
L’entrée en vigueur de la loi de principe fédérale, relative au statut interne du détenu et à l’administration pénitentiaire, a entraîné un appel pour une harmonisation et une intensification de l’offre de services et de formations, au bénéfice des personnes incarcérées.
Il est vite apparu que cette évolution supposait la mise en place d’une concertation interdépartementale et qu’elle impliquait un dialogue avec le monde associatif. Un dialogue que la grande dispersion des intervenants sociaux du secteur complique.
Dans cet article, nous essayerons de rendre compte des efforts récents pour mettre en place une politique cohérente des Communautés et Régions dans les prisons, amorcer les mécanismes de concertation nécessaires à son élaboration et associer, si possible durablement, les diverses associations concernées à cette dynamique.