La question de l’amélioration des établissements pénitentiaires et des conditions de détention suscite dans la plupart des cas un sentiment immédiat et contrasté : celui d’assentiment évident à ce qu’on considère généralement comme « moyenâgeux » et, tout à la fois, une réticence à « offrir du luxe aux criminels » qui ne l’ont de toute évidence pas mérité.
Quitter cette réaction émotionnelle, pour compréhensible qu’elle soit, nécessite de clarifier deux éléments essentiels : « Que voulons-nous ? » mais également « D’où partons-nous ? », une question particulièrement ignorée chez nous malgré son caractère fondamental. À défaut d’avoir clairement en vue le point d’aboutissement des efforts à entreprendre, comment atteindre nos objectifs ? Si nous ne savons pas où nous nous trouvons, comment entamer le chemin ?
Ces quelques réflexions sont basées sur une participation de plus de dix ans au sein des commissions de surveillance à Bruxelles, la lecture de la littérature scientifique et l’écoute attentive de très nombreux experts ou acteurs du monde des prisons belges. Elles veulent tenir compte des réalités, des recommandations internationales, de ce que nous voulons et de ce que la loi impose.