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n°712011

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Institution, alternatives : faut-il choisir ?

De plus en plus de secteurs de l’action sociale (santé mentale, handicap...) sont directement concernés par des politiques visant à désinstitutionnaliser les personnes vulnérables au profit de l’autonomie et de l’inclusion sociale. Quels sont les enjeux de la désinstitutionnalisation ? Qu’en pensent les experts, les travailleurs, les personnes concernées ? Tous les secteurs du social sont-ils impliqués ? ...

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Dans différents secteurs, on constate l’émergence d’initiatives qui tentent d’éviter ou de retarder l’entrée ou le retour en institution ou qui veulent en favoriser la sortie. C’était la première idée de ce dossier, nous voulions mettre en évidence une série d’expériences nouvelles et moins nouvelles, tels les habitats solidaires, qui proposent une autre manière de vivre ensemble, ou les suivis à domicile, à visée thérapeutique, psychoéducative, qui veillent à autonomiser les personnes.

Au final, cette visite guidée de ce qui se crée et s’invente sur le terrain constitue la seconde partie du dossier. Pour la première, il nous a paru primordial de proposer une série de regards sur ce qui se joue au travers de ces projets alternatifs, à savoir une mise en question de l’institution, hôpital, maison de repos, maison d’accueil, service résidentiel, centre d’hébergement… autant d’espaces où l’organisation collective peut être perçue comme un frein à l’individuel et à la réalisation de soi.

À l’heure où l’autonomie semble être le fil conducteur des politiques sociales, l’institution, qui a pour mission de prendre en charge, peut en effet apparaître comme contre-indiquée, contre-productive, peu à même de pousser les individus à se prendre en main. À l’extrême, la dépendance devient quasi suspecte, voire indigne dans une société qui confond autonomie et individualisme, sur fond de crise économique et de réduction des interventions publiques pour pallier les inégalités sociales.

Cette mise en question de l’institution a donc à voir avec les politiques d’autonomisation et de responsabilisation des personnes vulnérables et le risque d’abandon sous-jacent qu’elles contiennent. Mais elle ouvre aussi sur l’opportunité de reconstruire les relations aidants/aidés, individuel/collectif, personne/société… par la prise de parole et la participation de chacun, l’instauration de réseaux, la mise en commun d’idées, de moyens, la création d’espaces innovants…

Ainsi, l’émergence des projets alternatifs ne signifie pas la fin des institutions, dont l’existence, l’utilité circonstanciée ne peut être niée, mais la nécessité de désinstitutionnaliser les systèmes d’aide, de soutien, de prise en charge, y compris ambulatoire et d’y induire une dynamique davantage participante.

En cela, ils participent à un changement qui est comme une lame de fond. À l’oeuvre depuis le mouvement d’antipsychiatrie des années 60-70, réactualisé dans les secteurs de la santé mentale, avec la réforme de 2002 et la mise en place de projets “107”, et dans celui du handicap, avec l’adoption d’une série de recommandations européennes, il concerne, nous semble-t-il, l’ensemble des secteurs, voire le fonctionnement de toute notre société.