Je suis Lyne, j’ai 22 ans. Depuis quatre ans, j’ai connu la rue, les abris de nuit, un squat – sans savoir que c’en était un –, un appartement en couple et un studio seule, bientôt un autre. Je suis partie de chez moi à 18 ans. J’ai pas vraiment eu le choix. (…) Mon autonomie, j’aurais déjà voulu la prendre à 15 ans. Mais on n’écoute pas les enfants, on ne leur fait pas confiance. (…) J’ai fini par partir à 18 ans. Et là, c’est la galère du logement qui a commencé. (…) Faut vraiment se mettre en mode warrior pour trouver un logement. Quand on est jeune, on ne compte pas, on est prioritaire nulle part. Pour un logement social, faut des points. Si t’es à la rue, avec une jambe en moins et quatre enfants à charge, t’as peut-être une chance d’avoir un logement dans quatre ans ! C’est comme si t’étais à terre dans une situation critique et qu’on te disait : « l’ambulance arrive dans un an ! » C’est n’importe quoi… »
Avec ces mots, Lyne, témoin du vécu militante au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) s’exprimait en mai 2024 au colloque « Habiton’où ».
Elle interpellait l’assemblée composée de représentants politiques et d’acteurs de la prévention intersectorielle : « Êtes-vous prêts à vous battre pour augmenter le nombre de logements en général, et en particulier destinés aux jeunes, les rendre accessibles, en augmentant notamment le nombre de logements sociaux et aussi le nombre de logements supervisés ? »
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