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n°1022020

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Les émotions dans le travail social : frein ou tremplin

Les travailleurs sociaux sont traversés, parfois secoués par des émotions. Positives, négatives, elles peuvent avoir toutes les couleurs. Faut-il les taire, les réguler, les travailler ? Quelle place leur donner dans la relation avec les usagers ? Comment dépasser l’injonction à la « bonne distance » pour faire de ces émotions des alliés, des appuis à l’accompagnement ?

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Dans leur métier relationnel, les travailleurs sociaux sont inexorablement traversés, animés, secoués par des émotions. Certaines sont positives, comme la joie d’avoir pu aider un usager à s’en sortir ou simplement d’avoir pu gagner sa confiance. D’autres peuvent s’avérer plus problématiques.

Accompagner des personnes en souffrance, en détresse, en danger, dans la provocation ou l’agressivité… génère inévitablement des ressentis. La tristesse, la peur, la colère, l’exaspération, le dégoût s’invitent. Parfois brutalement, parfois insidieusement, créant d’autant plus le malaise, le désarroi que ces affects renvoient à d’autres vécus, situations professionnelles similaires, histoires personnelles que l’on croyait avoir oubliées.

Pour que ces émotions, troublantes, stressantes, décourageantes, ne deviennent pas trop envahissantes, les professionnels développent des stratégies, conscientes ou non, pour les réguler, réduire leur intensité ou leur durée, et se mettre à l’abri.

Les institutions défendent, pour leur part, des normes émotionnelles qui peuvent différer en fonction des secteurs mais qui se rallient pour la plupart à ce prescrit commun de la « bonne distance », supposé garantir le professionnalisme des travailleurs sociaux, mais aussi les préserver, leur éviter le burnout…

Et de se poser la question suivante : les émotions négatives seraient-elles nécessairement toxiques, ennemies, à risques ? N’y aurait-il pas plutôt intérêt à les inviter à s’exprimer, à les entendre, à les travailler plutôt que de vouloir les taire, les dissimuler de peur qu’elles envahissent la relation avec l’usager, la parasitent et, du même coup, provoquent chez l’aidant, malaise et épuisement ?

Dans les métiers de l’humain, on ne peut éviter les émotions, elles en font partie, en constituent le matériau. Il faut donc s’en saisir. Elles servent l’intuition, le feeling qui aide à créer la confiance avec l’usager. Elles sont le ferment qui fait dire au professionnel qu’il aime et croit à son métier, difficile mais combien humain. Elles nourrissent sa motivation, sa persévérance à accompagner les précaires, les cassés, les marginalisés malgré les obstacles et à repérer en eux les potentialités que plus personne ne voit. Pour ces raisons et d’autres encore explorées dans ce dossier, d’aucuns en appellent à prôner, non pas la « bonne distance », mais la « bonne proximité » ou la « bonne présence », voire le savoir-aimer.

Dossier

Au coeur du travail social, les émotions des professionnels  

La bonne présence plutôt que la juste distance  

De l’urgence à faire du savoir-aimer : une compétence parentale et/ou professionnelle  

Les travailleurs sociaux en supervision : un espace de partage, d’exploration et de réflexivité pour se réconcilier avec ses émotions (interview)  

Pour une sociologie des émotions dans le travail social : un travail social également réparti dans les foyers de l’enfance  

L’écoute à Télé-Accueil. Les émotions sont notre matière première  

De l’(im)pertinence du concept de résonance dans le travail d’équipe : entre potentialités et risques  

Accepter ses résonances : un outil pour aider le professionnel face à ses émotions  

Petite enfance. Rendre visibles les émotions qui font lien  

Les émotions en médiation : entre souffles créatifs et élans audacieux  

Hors dossier

L’envahissement des émotions dans nos sociétés contemporaines: faut-il s’en méfier ?  

Affaire Azraël : un jugement trop clément selon Child Focus (interview)  

Cannabis. Le modèle de tolérance, de monopole d’État et de régulation commerciale  

Une matinée pour fêter le 100e n° de la revue l’Observatoire. L’écrit dans le Social en scène  

  • Compétences psychosociales - Revue L'Observatoire n°99

    n°992019

    Compétences psychosociales

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  • Où va le métier d'éducateur ? - Revue L'Observatoire n°117

    n°1172023

    Où va le métier d’éducateur ?

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  • Quand il y a urgence - Revue L'Observatoire n°112

    n°1122022

    Quand il y a urgence

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  • Quelle équipe ? Les ingrédients, les forces, les difficultés... - Revue L'Observatoire n°109

    n°1092021

    Quelle équipe ? Les ingrédients, les forces, les difficultés...

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