Jusque dans les années 90, les recherches sur les sans-abri étaient essentiellement de l’ordre de l’ethnographie ou de la sociologie qualitative. Depuis, différents acteurs, administrations et journalistes surtout, ont élevé leur voix pour que l’impact des problèmes soit mesuré et mis en avant.
Dans cette optique, l’intérêt des statistiques se marque dans trois domaines. Premièrement, les chiffres sont utilisés comme arguments de lobbying par les diverses organisations et associations du secteur. Deuxièmement, le monde politique et les instances de travail social ont besoin d’un outil de gestion et d’évaluation pour affiner leurs interventions. Troisièmement, les données chiffrées contribuent à augmenter la connaissance d’un phénomène social.
Le centre d’appui bruxellois au secteur de l’aide aux sans-abri, en abrégé la Strada, trouve son origine dans une étude, commanditée par la COCOM et accompagnée par le comité de concertation régional du secteur sans-abri.
Cet article pose d’abord le contexte de la création de cet observatoire, à la fois proche mais indépendant des opérateurs de l’aide concernés par le sans-abrisme, et propose quelques réflexions préliminaires sur les méthodes quantitatives.
Il aborde ensuite le dénombrement et le(s) profil(s) des sans-abri à Bruxelles, avant d’examiner les réponses apportées à leur situation.