Le 1er mars 2010, la population carcérale s’élevait en Belgique à 10.561 détenus soit environ 97 détenus pour 100.000 habitants.
Le dernier rapport statistique du SPF Justice nous apprend qu’à cette date la population est constituée, sous l’angle de la situation légale, de 35% de prévenus, de 53% de condamnés et de 10% de personnes internées. Les femmes représentent environ 4% de cette population. La proportion de personnes détenues disposant de la nationalité belge est de 57%. Au total, des ressortissants de plus de 120 pays différents ont été détenus dans les prisons belges en 2009, les ressortissants du Maroc (11%) et de l’Algérie (5%) étant les plus nombreux parmi cette population non nationale (43%).
Par rapport à d’autres pays européens, comme l’Espagne (160 détenus pour 100.000 habitants) ou l’Angleterre (152), le taux de détention belge peut paraître relativement modéré, mais lorsque l’on considère la situation belge en elle-même, et particulièrement son évolution sur le long terme, le constat marquant est celui d’une inflation carcérale de plus en plus marquante, entraînant une surpopulation pénitentiaire importante, ceci en dépit d’un accroissement significatif de la capacité pénitentiaire.
Comme le souligneront sans doute les différents contributeurs à cette publication, chacun selon un point de vue particulier, la surpopulation pénitentiaire est devenue un facteur déterminant imprégnant l’ensemble des aspects de la vie en détention.
C’est pourquoi je propose, dans ma contribution, d’en cerner sommairement quelques composantes principales au travers d’une analyse de l’évolution de la population pénitentiaire durant ces dernières décennies.