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24 Mar 2026
La tuberculose progresse en Belgique
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose (24 mars), le FARES et Action Damien alertent sur une évolution préoccupante de la maladie en Belgique.
Un fléau mondial
La tuberculose reste la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Contagieuse, elle touche principalement les poumons. Elle est mortelle si elle n’est pas traitée. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’elle touche 10,7 millions de personnes, dont plus de 1,2 million en meurent.
Ce bilan pourrait s’aggraver dans les prochaines années à cause de la diminution des financements publics et de l’instabilité géopolitique croissante.
« Des projections mondiales prévoient que la réduction des financements dans la prévention, le diagnostic et la qualité des soins entraîneront cinq millions de cas supplémentaires de tuberculose et deux millions de décès qui pourraient être évités entre 2025 et 2035. Une propagation accrue dans le monde se traduira inévitablement par un impact en Belgique« , déclare Pascale Barnich, directrice générale d’Action Damien.
En Belgique
En Belgique, en effet, la tuberculose est loin d’avoir disparu. 950 nouveaux cas ont été enregistrés en 2024, soit une hausse d’environ 10 % par rapport à l’année précédente. Bruxelles est particulièrement touchée.
Le lien entre la tuberculose et les conditions sociales est bien établi. La guérison dépend de la prévention, de la qualité du diagnostic, de l’accès aux soins, mais aussi de l’accompagnement social des patients tout au long du traitement.
Sans cet accompagnement, le risque que le patient n’aille pas au bout de son traitement augmente. Ce qui accroit le taux de mortalité, mais expose aussi les malades à devenir un vecteur de propagation d’une forme plus résistante de la maladie.
À Bruxelles, l’accompagnement social a d’ailleurs montré son efficacité.
« Dans notre projet mené avec Action Damien, nous constatons que l’accompagnement social fait réellement la différence : le taux de guérison à Bruxelles s’approche de 85 %, bien meilleur que dans le passé. Certaines années, nous atteignons même 100 % de guérison parmi les personnes prises en charge », explique Vinciane Sizaire, directrice du FARES (Fonds des Affections Respiratoires).
Mais il faut aussi lever les barrières d’accès au soin, qui entravent la détection précoce et l’accès au traitement. Or, de nombreuses associations, qui proposaient des consultations médicales pour publics précarisés ou des actions mobiles, ont dû cesser leurs activités, suite à l’absence prolongée de gouvernement bruxellois et au contexte d’incertitude qui l’a suivie.
Le FARES redoute que la disparition de ces structures ne retarde grandement le diagnostic, et par conséquent n’augmente la transmission de la tuberculose.
Source : Action Damien
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