La question du temps est une réalité incontournable qui touche toute organisation sur de multiples aspects. Il est donc intéressant de s’interroger sur la manière dont les organisations du secteur non marchand sont concernées et comment elles se comportent face à cette question de la temporalité.
Tous les aspects de la vie et du fonctionnement des organisations sont touchés par la question du temps et par la manière de le gérer. Tout projet institutionnel est évidemment interrogé par des notions de durée, notamment par sa dimension historique (ses origines proches ou lointaines, son histoire, l’évolution de son contexte, son âge, la manière dont cette évolution dans le temps a été gérée…).
Mais la notion de temps peut intervenir également comme préoccupation ou contingence dans la conduite même de l’organisation. Cela se manifestera dans la vision stratégique (A-t-on ou n’a-t-on pas de vision à long terme ?), dans les valeurs (Quelle place laisse-t-on à la réflexion ? Est-on constamment dans le faire ? Se donne-t-on le temps du regard rétrospectif ou prospectif ? Fait-on référence à une histoire, à des modes d’évaluation ?).
Cette approche pourra aussi être présente dans la structuration, dans le fonctionnement et dans les processus internes (Dispose-t-on de formes d’organisation structurées et planifiées dans le temps avec des rythmes, des cadences, des séquences, des étapes ?).
Les acteurs en présence au sein et autour de l’organisation se trouveront immanquablement confrontés à ces questions. Les dirigeants des institutions (administrateurs et direction) ne seront pas les seuls concernés. Ceux qui dans le quotidien sont amenés à assurer la mise en œuvre des activités y sont particulièrement exposés.
La question du temps et de sa gestion est posée dans les relations avec les bénéficiaires ou la patientèle (Quelle disponibilité, quelle présence leur offre-t-on ? Qu’exige-t-on d’eux en termes de temps d’attente ?).
Mais elle est aussi omniprésente dans la gestion des ressources humaines, que celles-ci soient rémunérées ou bénévoles (Quel niveau d’organisation du temps impose-t-on ? Quel niveau de pression ou d’exigence sur les résultats, sur la productivité imprime-t-on ? Existe-t-il des plans de carrière ou de développement personnel ? Tient-on compte de formes d’équilibre entre les moments et les temps de la vie ?).