Bien que nous soyons tous soumis, de la même manière, au temps qui passe (le temps naturel), nous n’en avons pas tous la même perception, car ce temps qui passe va se « matérialiser » dans des rythmes différents en fonction des personnes et des contextes.
Ces rythmes vont normer nos rapports à la société et aux individus qui la composent. Ils vont s’imposer comme règle sociale, au point que l’arythmie devient, dans nos sociétés contemporaines, un défaut majeur passible d’une relégation. On pourrait ainsi dire que c’est par défaut du « bon » rythme que se fait aujourd’hui l’exclusion.
Si chacun a son propre rapport au temps, il est par contre des temporalités qui agissent sur nous comme des impératifs qui ne souffrent aucune exception. Ces impératifs, différenciés en fonction des lieux, des moments et des contextes, peuvent se contredire au point de créer à la fois de la confusion et des tensions.
Lorsque deux temporalités entrent en conflit, il y a à tout le moins des valeurs qui s’entrechoquent et qui créent des zones de tension, notamment auprès des associations et institutions du social.
C’est ce croisement entre différentes temporalités qui nous semblait intéressant de montrer dans cet article, car elles ont un impact considérable sur les politiques sociales et sur les façons de travailler des professionnels de l’action sociale.
Nous présenterons ci-après cinq temps possibles : le temps naturel, le temps sociétal, le temps politique, le temps administratif et enfin le temps de l’action sociale. Il y en a beaucoup d’autres, mais ceux-ci nous permettront déjà de mesurer combien ces différentes temporalités agissent sur notre quotidien.