De manière évidente, le temps intéresse d’abord les physiciens : il est alors une dimension du réel qu’il convient de représenter, de mesurer. Mais qu’en est-il lorsque l’on s’intéresse à la perception humaine du temps ?
Bien des poètes auraient leur mot à dire à ce sujet, que l’on pense par exemple à la romancière Françoise Sagan pour qui le passe-temps favori est de « laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps« .
Entre ces deux voies que nous mettons de côté, comment évoquer les temps de vie bien concrets, les temps individuels ou familiaux faisant référence aux parcours biographiques, le temps d’un projet ou d’une cause (qui appelle parfois de la patience, de l’attente), le temps institutionnel ou militant (qui peut se construire dans l’urgence ou non), etc ?
L’option que nous retiendrons ici est quelque peu décalée en regard de la vision contemporaine du « tout à l’urgence ». Elle consiste à prendre en compte la diversité des rapports au temps des travailleurs sociaux, des hommes, des femmes et des sociétés.
Pour poser cette réflexion, nous préférerons, à la question du temps, objet des poètes ou des physiciens, traiter de celle des temporalités.